An avian carrier's blog – Petits tracas Atom feed

  1. Suivi de colis, API et Android (2011-12-18)

    J'ai été agréablement surpris de remarquer aujourd'hui, notamment après mes plaintes contre l'interface volontairement restreinte offerte sur le web, une application pour Android appelée Mon Suivi La Poste développée par « La Poste mobile ». Curieux, et destinataire de nombreux colis en transit en cette période de fêtes, j'ai installé et essayé l'application. Or, systématiquement, j'ai obtenu l'erreur suivante, y compris lorsque j'étais convaincu d'être parfaitement connecté :

    La qualité des réseaux environnants est momentanément insuffisante pour vous permettre d'accéder à nos services mobiles. Nous vous invitons à reessayer ultérieurement. L'équipe de La Poste.

    Curieux, et en application de l'alinéa III de l'article L122-6-1 du Code de la Propriété Intellectuelle, j'ai cherché à connaître les appels faits par mon mobile sur demande de l'application afin de voir quel composant, dans mon système CyanogenMod, faisait échouer ces requêtes. Il s'avère que l'appel fait ressemble à cela (j'ai remplacé le numéro de suivi réel sur 13 caractères par « NUMERO_DE_SUIVI » :

    GET /outilsuivi/web/suiviInterMetiers.php?key=d112dc5c716d443af02b13bf708f73985e7ee943&method=xml&code=NUMERO_DE_SUIVI
      HTTP/1.1
    User-Agent: Dalvik/1.5.2 (Linux; U; Android 2.3.1)
    Host: www.laposte.fr
    Connection: Keep-Alive
    Accept-Encoding: gzip
    

    Notons que la requête est faite sans chiffrement (utilisation de HTTP et pas de HTTPS) ce qui permet à tous les intermédiaires de l'examiner (opérateur mobile, fournisseur du WiFi). Un simple analyseur de protocole comme Wireshark permet d'examiner la requête ci-dessus ainsi que la réponse associée :

    HTTP/1.1 200 OK
    Date: Sat, 17 Dec 2011 11:07:13 GMT
    Server: Apache
    Cache-Control: no-cache, must-revalidate
    Expires: Sat, 26 Jul 1997 05:00:00 GMT
    Content-Type: text/xml
    Content-length: 497
    Connection: Keep-Alive
    Set-Cookie: lb_outilsuivi_new_pf=balancer.route2; path=/;
    
    <?xml version='1.0' ?>
    <response>
     <status><![CDATA[1]]></status>
     <code><![CDATA[NUMERO_DE_SUIVI]]></code>
     <client><![CDATA[Particulier]]></client>
     <date><![CDATA[16/12/2011]]></date>
     <message><![CDATA[Votre colis est arrivé sur son site de distribution]]></message>
     <gamme><![CDATA[4]]></gamme>
     <base_label><![CDATA[Coliposte]]></base_label>
     <link><![CDATA[http://www.coliposte.net/particulier/suivi_particulier.jsp?colispart=NUMERO_DE_SUIVI]]></link>
     <error><![CDATA[]]></error>
    </response>
    

    Tout à l'air correct de mon côté, même si l'application considère qu'il y a une erreur :

    • L'URL de base est http://www.laposte.fr/outilsuivi/web/suiviInterMetiers.php avec des paramètres supplémentaires :

      • code est le numéro de suivi du colis, sur 13 caractères.
      • method, qui contient ici xml, est la méthode de codage du résultat à utiliser, on peut penser que json donnerait un résultat en JSON plutôt qu'en XML. D'après ce qu'on peut voir sur le site web, image doit renvoyer une image.
      • key est probablement un identifiant de l'application Android. Mon navigateur utilisait initialement un User-Agent non-standard, il semblerait que Dalvik doive être présent pour que la requête fonctionne.
    • La réponse contient un certain nombre de champs permettant le suivi du colis :

      • status contient « 1 » si tout va bien est est vide en cas d'erreur (numéro de colis inconnu par exemple).
      • code reprend le numéro de suivi transmis.
      • client contient « Particulier » dans mon cas, je ne connais pas les autres valeurs possibles, mais cela semble logique.
      • date contient la date de l'événement décrit en cas de succès, est vide sinon.
      • message contient le message décrivant l'événement ou celui décrivant l'erreur.
      • gamme contient « 4 » pour moi dans tous les cas.
      • base_label contient « Coliposte » pour moi en cas de succès, est vide sinon.
      • link contient le lien vers le suivi sur le site web de Coliposte en cas de succès, est vide sinon.
      • error est vide en cas de succès, et contient une chaîne en anglais telle que « error_invalid_code » en cas de numéro de suivi inconnu ou « error_nb_chars » si un numéro de suivi ne comportant pas 13 caractères est utilisé. La liste des codes d'erreur et leur explication en français est donnée dans ce fichier Javascript fourni par La Poste.

    Au vu de ces constatations, je dois en déduire que c'est l'application « Mon Suivi La Poste » qui est fautive en ne comprenant pas la réponse, pourtant apparemment correcte, renvoyée par le serveur.

  2. Organisation et rationalité (2011-09-02)

    Dans ce billet, j'ai eu l'occasion de comparer le fonctionnement moderne et efficace de l'administration fiscale avec celui résolument inefficace de la poste dans le cadre du suivi des colis. Notons d'ailleurs que, depuis, le service Twitter "suivi_avec_lisa" qui m'avait été recommandé fonctionne de manière erratique.

    Une nouvelle expérience

    Aujourd'hui, je trouve dans ma boîte à lettres un avis de passage. Effectivement, j'étais absent. Mais de quoi pouvait-il bien s'agir ? Le postier n'avait coché ni « lettre » ni « colis », mais « autre ». Arrivé à la poste, j'ai eu le droit à la question usuelle à chaque fois qu'il s'agit d'« autre » chose : « c'est quoi comme lettre ou colis ? ». Aucune idée, sûrement quelque chose commandé avant mes vacances, donc je réponds que je n'en sais rien. Et bien sûr, un scan du code barre de l'avis de passage ne donne rien : « ah, il ne le trouve pas ». Je ne dois pas avoir de bol, c'est quasiment systématique.

    Et là, j'ai une l'idée (stupide) de poser une question (bête) : « Mais si votre postier avait en main l'objet qui m'était destiné, et qu'il a rempli un avis de passage pour que vous puissiez le retrouver, pourquoi ne lui demandez vous pas de mettre toutes les informations nécessaires ? ». La réponse était évidente : « Nous ne connaissons pas le postier, il n'est pas de chez nous ». « Mais ne pouvez-vous pas faire remonter cette information au service qui s'occupe de distribuer les paquets alors ? » continuais-je. Je n'ai pas eu de réponse.

    Après avoir cherché parmi les colis pendant 5 bonnes minutes, il s'est avéré que l'objet était classé parmi les lettres recommandées. « J'aurais du chercher là d'abord, je l'aurais trouvé » continue la préposée. Sauf que la prochaine fois ça sera l'inverse. Je n'ai pas demandé qui l'y avait placé, sans scanner le code barre ni ajouter que c'était classé avec les lettres. Probablement quelqu'un d'un autre service, sans aucun rapport avec mes interlocuteurs.

    Je ne pense pas que les gens soient, individuellement, de mauvaise volonté. Je suis persuadé par contre que l'organisation de la poste est totalement sclérosée, les différents services, cloisonnés, ne communiquent pas entre eux, les employés sont déresponsabilisés même si on les veut polyvalents et n'ont pas du tout l'esprit d'entreprise. Le « ce n'est pas géré ici, ce n'est pas notre faute » serait tout à fait entendable s'il n'était immanquablement suivi d'un fataliste « on n'y peut rien ».

    Bien sûr il y a comme partout des exceptions, des employés modèles comme des brebis galeuses. Mais là, c'est l'irrationalité de l'organisation qui entraîne la démotivation et la non-implication du personnel.

    Vivement une réforme.

  3. Service public et clientèle (2011-01-10)

    Aujourd'hui, j'ai interagi avec deux services publics :

    • les finances ;
    • la poste.

    Deux entités, deux expériences bien différentes.

    Les finances

    Je paye depuis des années mes impôts sur le revenu et ma taxe d'habitation par le biais d'un prélèvement mensuel automatique. En novembre dernier, je reçois un courrier m'enjoignant de régler, en une seule fois, ma taxe d'habitation pour l'année 2010. Surpris, je vérifie mon compte fiscal sur le site de l'administration, et effectivement je ne vois apparaître aucun prélèvement en 2010 pour cette taxe. Embêté par cette dépense non prévue mais qui semble justifiée, je m'exécute et règle mon impôt.

    Avant-hier, je m'aperçois en examinant mes relevés de compte que ces prélèvements ont bien eu lieu en 2010, et que j'ai donc payé deux fois la taxe d'habitation. Un courrier arrivé chez mon ancienne colocataire me fait comprendre la méprise : suite à sa déclaration de changement de domicile, le destinataire de la taxe d'habitation a changé et le lien n'a pas été fait. J'ai donc utilisé l'adresse électronique de mon centre des impôts (celui du 13è arrondissement parisien) pour leur envoyer un mail expliquant la situation.

    C'était il y a deux jours. J'ai reçu une réponse aujourd'hui en fin de matinée : non seulement ils avaient corrigé mon dossier, mais ils avaient de plus transmis mon message à la trésorerie du 13è arrondissement. La trésorerie m'a aussitôt contacté pour m'expliquer à quelles dates et sous quelles modalités auraient lieu les remboursements des sommes réclamées et payées par erreur. La totalité des échanges a eu lieu par mail. Ils ont retrouvé tous les documents utiles au dossier, ne m'ont rien demandé de plus.

    Depuis des années, l'administration fiscale fait d'énormes efforts pour améliorer ses efforts de communication, notamment électroniques, avec les contribuables. Et ça marche, bravo !

    La poste

    Dans le cadre d'un projet d'élèves, un collègue et moi attendons une livraison urgente. Celle-ci a été expédiée par Colissimo, et nous disposons d'un numéro de suivi. Afin de s'assurer de pouvoir récupérer le colis le plus rapidement possible auprès de notre service courrier, nous tenons à être présents lorsque la livraison aura lieu. Sur le site de Colissimo, nous pouvons suivre le colis à partir de son numéro :

    Suivi colissimo
    Suivi du colis sur le site de Colissimo

    Il doit y avoir moyen d'être prévenu par mail ou SMS d'un changement de statut. Non, ce n'est pas proposé, en tout cas pas sur leur site.

    En bon informaticien, je me dis qu'il est facile d'extraire les informations de la page afin de suivre automatiquement les changements de statuts et de générer un message nous avertissant que le colis approche. En fait, ce n'est pas si immédiat : Colissimo a bien pris soin de représenter les textes sous forme d'images pour compliquer le travail de toute personne désirant s'interfacer avec son service. Non seulement ces fonctionnalités « modernes » sont absentes de leur site, mais en plus ils refusent, à l'heure où quasiment tous les sites (mais pas tous) permettent de faire des mashups, que leurs données puissent être utilisées à des fins utiles.

    Deux services publics, deux conceptions différentes de leurs relations avec les usagers. Je vous laisse deviner lequel des deux je préfère.

  4. N°1 de la relation client (2010-12-05)

    Bouygues Télécom se targue d'être, pour la quatrième année consécutive, le numéro 1 du service clients en France pour la téléphonie mobile. Allons y, en tant que client, comment faire pour résilier une ligne téléphonique ?

    En cherchant sur le site web, après quelques clics, on trouve effectivement une information sous la forme d'une image :

    Image résiliation Bouygues

    On notera que ni l'adresse à utiliser pour l'envoi de la lettre recommandée ni le numéro à appeler pour obtenir son relevé d'identité opérateur (le RIO) ne sont disponibles sur le site WWW. Par contre, on peut demander à être contacté pour obtenir ces informations, et, en même temps, leur laisser l'occasion de tenter de nous convaincre de changer d'avis.

    J'ai fini par trouver l'adresse du service clientèle, mais ces obstacles dressés volontairement devant le consommateur qui veut simplement rompre un contrat comme il en a le droit m'écœureront toujours.

    Précision ajoutée suite à la suggestion de Erwan Arzur : voici l'adresse que j'ai utilisée :

    Bouygues Télécom
    Service clientèle
    38218 VIENNE CEDEX

    Je ne suis même pas certain que cela soit la bonne, mais je leur fais confiance (ai-je tort ?) pour maintenir une certaine continuité de service.

  5. Handicaps, accessibilité et accès aux données (2010-02-05)

    J’ai assisté aujourd’hui à une excellente présentation sur le thème « TIC et handicaps » par un groupe d’élèves de première année de Télécom ParisTech 1. Lors de l’exposé est apparu un point qui a particulièrement retenu mon attention : alors que le site public de Télécom ParisTech a été conçu avec comme objectif l’accessibilité aux déficients visuels, l’intranet de l’École, pour sa part, méconnait totalement cette problématique.

    Par exemple, l’emploi du temps des élèves (ainsi que celui du personnel enseignant) n’est disponible qu’à travers une page WWW dans laquelle toute information sémantique est absente. Les tableaux qui s’y trouvent servent autant à la mise en forme qu’à la mise à disposition des données elles-mêmes.

    Cette situation serait beaucoup moins problématique si les données étaient accessibles sous forme structurée, apte à être intégrées dans un mashup adapté aux différents handicaps. Si, par exemple, l’interface de Twitter ne convient pas à certaines personnes, il est facile d’en extraire les données pour rendre cette interface plus conviviale comme le fait Hootsuite ou pour l’intégrer dans un système de lecture automatique. Pour cela, Twitter fournit, après authentification, les données brutes sous forme exploitable, permettant ainsi de créer de la valeur ajoutée tout en utilisant leur service. Chacun est libre de transformer et de présenter l’information sous la forme qui lui convient, sans avoir besoin de déconstruire du code HTML pour en extraire l’information qui y a été noyée de manière plus ou moins élégante.

    En tant qu’enseignant, le calendrier comprenant l’ensemble de mes cours, géré et tenu à jour par l’inspection des études, m’est totalement inaccessible de manière programmatique. Je peux certes demander une version iCal au coup par coup, mais celle-ci ne sera pas intégrable dans le logiciel de mon choix, car les changements faits dans mon calendrier professionnel n’y seront pas synchronisés. Pour la même raison, mes collègues non-voyants ne peuvent pas intégrer ces informations dans un logiciel équipé d’une interface vocale, les données risquant de devenir obsolètes sans qu’ils en soient avertis.

    Autant je peux comprendre que la refonte totale d’une interface pour la rendre accessible aux différents handicaps soit une opération financièrement lourde et difficile à mettre en œuvre dans un délai court, autant la mise à disposition des données brutes sous la forme de pages XML disponibles après authentification permettrait aux personnes intéressées de développer de leur côté, sans aucune interaction avec l’équipe en charge de l’intranet de l’École, leur propre interface de visualisation des données et cela au moindre coût. La génération de ces pages XML qui n’intégreraient aucun élément de mise en page est une opération simple qui pourrait être mise en place dans un délai très court et permettrait immédiatement la réalisation de ces mashups.

    Les élèves pourraient alors synchroniser leur emploi du temps avec Google Calendar, pourraient dans le cadre de projets scolaires développer de nouveaux modes d’accès à l’information compatibles avec les contraintes liées au handicap, les enseignants pourraient importer leur emploi du temps dans des services d’aide à la détermination de dates de réunions tels que Doodle ou Tungle sans avoir à ressaisir ces informations avec les risques d’erreurs afférents, ou sans avoir à les exporter à une date donnée avec la possibilité que l’information ne soit pas à jour.

    Je sais que certains élèves, habitués aux sites WWW collaboratifs et aux réseaux sociaux, réclament un tel accès. Je pense que c’est un processus indispensable pour que l’information ne soit plus enfermée, sous une forme inexploitable aux personnes atteintes de certains handicaps, derrière un site qui insiste pour présenter les données d’une manière unique et intangible. J’espère qu’on arrivera à faire bouger les choses.

    1 Ce travail a été effectué par Solveig ANREP, Yassine BENADDI, Laurent CHARIGNON, Thomas DI BENEDETTO, Rida EL KARAFLI, Jonathan LALIBERTE-ALLE, Kim Xuan NGUYEN, Helène PINTO, Franck ROLAND, Philippe TISSERAND et Hugo VIELLARD.

  6. Velib (2007-07-19)

    Bon, commençons par la partie agréable : je suis fan de Velib. Maintenant, de retour de soirée (merci Pablo pour m’avoir indiqué la route), il est rageant de dépasser les 30 minutes parce que la borne d’arrivée est pleine et qu’elle ne reconnait pas les passes Navigo pour prolonger, comme prévu, les trajets de 15 minutes supplémentaires. Surtout lorsqu’il faut faire 4 bornes pour trouver une place libre…

    Et c’est marrant d’en faire avec les copains. Et ils aiment tous malgré les petits tracas.

  7. De l'ambiguïté de la langue (2006-07-23)

    Le fournisseur ADSL Free a lancé il y a quelques temps son service SIP avec, comme annonce dans le groupe de discussion idoine, le texte suivant :

    Tous les appels passés depuis votre client SIP bénéficieront des mêmes conditions tarifaires que s'ils étaient passés depuis votre téléphone Freebox.

    Ce service est gratuit et en phase de test pour l'instant (donc susceptible de modifications).

    Pour ma part, j'ai analysé la seconde phrase comme « Ce service n'occasionne pas de frais d'abonnement supplémentaires, et de plus il peut être modifié à tout moment car il est possible que nous y apportions des changements ». Mais d'autres ont placé des parenthèses (au sens mathématique) autour de l'expression « Ce service est gratuit et en phase de test », ce qui donne, après expansion, les deux parties « Ce service est gratuit pour l'instant » et « Ce service est en phase de test pour l'instant ». Ceux-là sont maintenant mécontents de se voir facturer les communications passées pendant une phase qu'ils pensaient gratuite.

    À quand des spécifications des règles de précédence pour la langue française, comme il en est pour les notations mathématiques (« 1+2x3 » vaut 7 car la multiplication est prioritaire par rapport à l'addition) ou les langages informatiques ?

  8. UFC-Que Choisir au dessus des lois ? (2005-12-01)

    Le site CartelMobile a été mis en ligne par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir suite à la décision de justice condamnant les trois opérateurs principaux en France de téléphonie mobile (Orange, SFR et Bouygues Télécom) pour entente déloyale sur les prix. Il vous propose de chiffrer votre préjudice en fonction des éléments de votre contrat de téléphonie mobile afin de pouvoir prétendre à une indemnisation.

    Première surprise : pour pouvoir utiliser leur calculateur exclusif, il faut fournir son adresse électronique. Tiens, étonnant de la part de cette association, je n’aurais jamais imaginé qu’elle puisse vouloir constituer un fichier d’adresses, je vois probablement le mal partout, mon adresse électronique sera sans doute effacée aussitôt après l’utilisation du calculateur.

    Or, voici le contenu du courrier reçu juste après :

    From: www-data@ufc-quechoisir.ecritel.net
    Subject: Votre inscription sur www.cartelmobile.org
    Reply-To: contact@cartel-mobile.org

    Merci de votre soutien !

    Votre mot de passe personnel vous permettant d’accéder à notre calculateur exclusif de préjudice est : XXXXXXXX.

    Attention, vous devrez indiquer des éléments précis sur la date de début et de fin de votre contrat de téléphonie mobile, le temps de communication et le prix de votre forfait. Afin de faire une estimation de votre préjudice la plus réaliste possible, nous vous conseillons donc de vous munir de votre contrat et de vos factures avant d’utiliser le calculateur.

    Si vous êtes prêt, cliquez ci-dessous pour estimer votre préjudice personnel :
    http://www.cartelmobile.org/authentification.php

    Si vous rencontrez des difficultés pour vous identifier, assurez-vous que votre navigateur accepte les cookies de session.
    Pour en savoir plus sur les cookies, cliquez ci-dessous :
    http://www.cartelmobile.org/quinoussommes.php#cookies

    Vous recevrez également régulièrement la lettre d’information “cartelmobile” portant sur l’actualité du combat mené de l’UFC-Que Choisir contre les pratiques illicites des opérateurs de téléphonie mobile.

    -—————————
    Union Fédérale des Consommateurs – Que Choisir asociation à but non lucratif
    11, rue Guénot – 75011 Paris
    site web : http://www.quechoisir.org
    -—————————

    Notez bien la partie que j’ai mise en caractères gras. UFC-Que Choisir s’arroge le droit d’enregistrer votre adresse électronique sans vous en prévenir au préalable (collecte déloyale, article 226-18 du Code Pénal), sans respecter les formalités préalables obligatoires (article 226-16 du Code Pénal), et en vous inscrivant d’office à une liste de diffusion alors que vous souhaitiez uniquement utiliser leur calculateur (détournement de finalité, article 226-21 du Code Pénal).

    Si on ajoute à cela le fait que leur courrier ne mentionne pas l’existence d’un droit d’accès et de modification aux données (encore l’article 226-16 du Code Pénal), cela commence à faire beaucoup. Dire que je tenais l’UFC-Que choisir en haute estime.

    Ah, j’oubliais, leur slogan est :

    Faites respecter tous vos droits avec l’Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir

  9. Amusez-vous (2005-07-15)

    La campagne, c’est reposant. Ça permet aussi aux enfants de se dépenser et de se faire plaisir, beaucoup plus que la ville.

    C’est la même chose pour mes acouphènes : ils s’en donnent à cœur joie, ils crient de bonheur. Alors qu’à Paris ils restent plutôt discrets. Allez-y mes loulous, profitez-en, amusez-vous !

    Je leur achèterai un camion de pompiers pour leur premier anniversaire. Visiblement ils adorent ce son là. Ils essayent même de le reproduire.

  10. Une journée banale (2005-06-10)

    De retour de l’hôpital, les 24 dernières heures ont été intenses. Je pensais qu’en me donnant un arrêt de travail, les médecins prenaient simplement leurs précautions. J’ai eu tort, il était bien indispensable.

    La prise de vaso-dilatateurs et d’anti-épileptiques avant le coucher a enrichi la première partie de ma nuit d’une dizaine d’hallucinations cauchemardesques puissantes avec, à chaque fois, un difficile retour à la réalité. J’ai fini par trouver un sommeil véritablement réparateur après quelques heures.

    Comme il avait été prévu, j’ai passé la journée suivante dans un état de somnolence avancé. L’esprit fonctionne normalement, le corps ne suit pas. Je n’ai pas envie de dormir, mais me sens faible.

    Le moral reste cependant au beau fixe. Les acouphènes sont toujours présents, mais ne me dérangent pas particulièrement. Mon plus gros problème à l’heure actuel reste, considération très terre-à-terre, l’évacuation en eau de ma cuisine qui refuse désespérément de se déboucher malgré mes efforts maladroits, m’empêchant d’utiliser mon évier et mes appareils électro-ménagers.

    Somme toute une journée assez banale.

  11. Enfin la quille (2005-06-08)

    Énormément de monde me téléphone, m’envoie des SMS ou des courriers électroniques pour me demander de mes nouvelles suite à mon billet précédent. Voici donc les dernières péripéties d’un futur ex-malade.

    La vie à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière depuis maintenant une petite semaine se passe bien, les amis et la famille défilent sans cesse, c’est devenu un sujet de plaisanterie pour le personnel soignant visiblement peu habitué à voir autant de monde rendre visite à une seule personne ; ils ont du mal à me trouver dans ma chambre, et lorsqu’ils y parviennent, j’y suis rarement seul, en train de recharger la batterie de ma perfusion pour pouvoir repartir. J’ai surtout eu la chance d’avoir deux anges gardiens dans mon entourage qui ont veillé sur moi en permanence (et qui se reconnaîtront). Grâce à tout ce petit monde, mon moral a pû rester au beau fixe et mon humeur excellente.

    J’ai eu une chance extraordinaire : le traitement à base de vaso-dilatateurs et de corticoïdes semble avoir parfaitement fonctionné, puisque d’après les derniers examens j’ai récupéré la totalité de mes capacités auditives, alors que le pronostic du médecin qui m’a fait hospitaliser était défavorable. La rapidité de réaction a été, d’après tous les spécialistes rencontrés, primordiale. Si après une nuit de sommeil vous avez toujours une surdité ou des acouphènes, foncez immédiatement à un service d’urgence ORL, il n’y a pas de seconde chance. Les acouphènes n’ont, pour leur part, pas disparu. Nous avons commencé hier un traitement à base d’anti-épileptiques pour tenter de désexciter les cellules nerveuses à l’origine de ces sifflements permanents. La première prise m’a provoqué des nausées pendant environ cinq minutes, et m’a mis hors-service juste après. Ce traitement durera, en fonction des éventuels résultats, entre un mois et un an. Les vaso-dilatateurs par voie orale, en remplacement de la perfusion actuelle, seront à prendre pendant un mois.

    L’ensemble du personnel hospitalier est agréable et souriant, des réceptionnistes au chef de service en passant par les infirmières, les aides-soignantes, le personnel technique, les internes et les praticiens. Ils sont tous pleins de petites attentions, toujours prêts à faire plaisir et à faciliter la vie des « malades ».

    La nourriturre est correcte, même si les repas sans sel (en raison des corticoïdes administrés en intraveineuse) sont un peu fades à la longue. Heureusement, à partir de demain, cette partie du traitement sera terminée, et une orgie de sushis et de viande des grisons est à prévoir.

    Un interne en ORL avec qui j’ai discuté il y a quelques jours m’a dit avoir eu également des problèmes d’acouphènes le lendemain d’un concert de Marilyn Manson à Bercy. Non seulement l’accoustique de la salle n’est pas terrible, mais il semblerait qu’ils soient incapables de maîtriser le niveau sonore. Le commentaire de Julien laissé suite au billet dans lequel je raconte mes mésaventures me donne vraiment l’impression que le volume de ce concert-ci était anormalement élevé.

    J’ai réussi à négocier l’ouverture de mon balcon, d’habitude fermé pour des raisons de sécurité. En tenant le portable à bout de bras, je parviens à atteindre une borne WiFi à l’extérieur de l’hôpital et à utiliser UUCP pour échanger des messages avec l’extérieur (après avoir testé trois cartes WiFi jusqu’à en trouver une assez puissante pour traverser la totalité de cet immense hôpital). La publication d’un nouveau billet ou la navigation sur le web sont par contre totalement malaisées, étant donné que je dois tenir le portable d’une main tout en essayant de taper de l’autre.

    Demain, vers 14h, je retrouve la liberté. Même si j’ai passé, toutes proportions gardées, une excellente semaine à l’hôpital, je suis content de le quitter et j’espère ne pas avoir à y retourner de sitôt en dehors des futurs examens à prévoir.

    Et encore merci à tous ceux qui m’ont permis de faire passer le temps si rapidement en me tenant compagnie, Agnès, Alain, Alexandre, Alexis, Anabel, Brieuc, Daniel, Élisabeth, Jacob, Joachim, Marie, Melie, Pablo, Roland, Sébastien, Thomas, Xavier, Yann et à tous ceux qui m’ont proposé de passer et à qui j’ai dit que ce n’était pas la peine.

  12. Cela n'arrive (pas) qu'aux autres (2005-06-05)

    Je lis souvent des choses atroces sur Internet. Des récits d’expériences malheureuses, de vécus tragiques. À chaque fois, je plains les victimes, et me réjouis de ne pas être à leur place.

    J’étais notamment tombé par hasard sur plusieurs sites qui racontaient comment, suite à un concert trop bruyant ou à une soirée en boîte de nuit au volume excessif, certaines personnes avaient perdu tout ou partie de leurs capacités auditives. Par chance, je n’avais jamais eu de problèmes de la sorte, malgré mon attirance pour les endroits bruyants. De toute façon, ce genre de choses ne pouvait arriver qu’aux autres, mes oreilles étaient en béton.

    J’avais tort. Mercredi dernier, j’ai assisté avec des amis au concert de System Of A Down au POPB. C’était un bon concert, bien que court. Nous étions dans la fosse, juste devant les musiciens et les hauts-parleurs. Le son était fort. Très fort. Beaucoup trop fort en fait. À la sortie, comme après tous les concerts violents, j’entendais le monde à travers une épaisse couche de coton, les sons me parvenaient etouffés, sensation somme toute pas si désagréable et qui passe habituellement en quelques dizaines de minutes.

    Malheureusement, cette impression de surdité passagère a persisté durant la soirée qui a suivi le concert. Sont venus s’y ajouter des acouphènes, sifflements permanents produits par le système nerveux pour pallier une déficience auditive. Le lendemain matin, après avoir dormi, aucun changement, je restais sourd et en proie à ces sifflements obsédants.

    C’est alors que je me suis souvenu de ces pages lues sur Internet. Elles disaient toutes que dans un tel cas la rapidité de réaction était primordiale, et qu’un déplacement aux urgences était indispensable pour espérer récupérer, sans aucune garantie, une partie des capacités auditives perdues lors du traumatisme. Je me suis donc rendu à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, proche de chez moi, où j’ai été très rapidement admis en consultation ORL pour y subir un audiogramme, après avoir dû toutefois insister pour convaincre l’accueil de la nécessité d’une consultation immédiate.

    L’examen a pris dix minutes, à l’issue desquelles mon hospitalisation d’urgence a été décidée. Comme me l’a dit hier matin le chef de service de l’unité où je suis accueilli, « vous avez un profil auditif typique d’un chasseur ou d’un militaire en fin de carrière ». Les deux oreilles sont atteintes et ont subi une très importante perte d’audition dans les aigus. Le premier médecin rencontré était très dubitatif quant à une quelconque possibilité d’amélioration, mais nous avons décidé de tenter le seul traitement dont on pense qu’il peut avoir une certaine efficacité (non prouvée selon lui) s’il est administré à temps.

    Ce traitement consiste à recevoir, en perfusion, jour et nuit, des vaso-dilatateurs et des corticoïdes, pendant une durée variant de cinq à dix jours. A priori, je suis bloqué à l’hôpital pour une semaine. Je n’ai pas le droit d’interrompre, même pour un instant, la perfusion de vaso-dilatateurs. Je promène l’appareil partout avec moi, sous la douche, dehors, à la cafétéria. Je suis au régime sans sel à cause des corticoïdes, et je dois limiter le sucre au maximum. Les sushis et la viande des grisons (mes deux pêchés mignons) me sont interdits, ainsi que l’alcool.

    Les derniers résultats des tests montrent une amélioration notable de l’oreille droite, qui semble avoir bien récupéré, et une chute de 40dB pour les aigus de l’oreille gauche, qui continue à siffler sans interruption. Je m’estime extrêmement chanceux d’avoir récupéré une audition correcte d’un côté. Je conserve l’espoir d’une récupération partielle pour l’oreille gauche, même si c’est improbable.

    Je suis heureux que Marie, Anne et Xavier, présents avec moi dans la fosse lors du concert, n’aient visiblement pas été atteints. Sébastien et Audrey, qui ont assisté au concert depuis les gradins, étaient moins exposés. De nous tous, Marie a été la seule prudente et a utilisé des filtres de cigarette (sans le papier) pour pallier l’absence de bouchons d’oreille. C’est elle qui semble avoir le plus profité de la musique.

    Au fait, pourquoi écrire ce billet ? J’ai deux raisons distinctes :

    1. Prévenir les personnes qui attendent des nouvelles de moi, pour des raisons professionnelles ou personnelles, qu’elles devront patienter encore une semaine avant que je ne retrouve une connexion à Internet.
    2. Mettre en garde tous ceux qui assistent à des événements bruyants ; utilisez systématiquement des bouchons d’oreille, vous profiterez tout autant de la musique, et éviterez de détruire vos oreilles définitivement ! Notez que ce concert avait lieu à Bercy, dans une salle très fréquemment utilisée pour ce genre d’événements. Que des professionnels aient pû organiser un concert d’une telle intensité sonore, ne ressemblant en rien à ce que j’avais déjà entendu, me dépasse. C’est d’autant plus surprenant que le concert était extrêmement court, et qu’il n’y a eu aucun rappel. Après coup, je m’en réjouis, je n’ose imaginer les conséquences d’une exposition encore plus longue à un tel niveau sonore.

    Quand j’en aurai l’occasion, je rejoindrai la cohorte des gens qui tentent d’informer les autres, jeunes ou moins jeunes, des risques liés à l’exposition à un bruit trop fort. Cela n’empêchera peut-être pas la prise de risques (comme dans mon cas), mais peut-être cela permettra-t-il à d’autres de savoir comment réagir une fois les symptômes présents.