Libérez vous !
October 26th, 2005 by Samuel TardieuSi vous utilisez Microsoft Windows, Microsoft Outlook Express, Microsoft Internet Explorer ou Microsoft Office sur votre ordinateur personnel ou familial, j’aimerais que vous preniez quelques minutes pour examiner ce qui vous pousse réellement à le faire. Juste quelques minutes. Vous trouverez peut-être de bonnes raisons pour continuer. Vous vous apercevrez peut-être que vous n’en avez pas vraiment.
La plupart des gens, peut-être vous, utilisent leur ordinateur principalement pour :
- naviguer sur des sites WWW ;
- communiquer à l’aide du courrier électronique ;
- travailler sur des documents (textes, feuilles de calcul et présentation) ;
- discuter par le biais de messagerie instantanée.
Savez-vous que tout cela vous pouvez le faire avec d’autres outils que ceux fournis par Microsoft ? Savez-vous que ces outils, vous pouvez en plus les télécharger gratuitement sur Internet ? Savez-vous qu’ensuite vous avez le droit d’en faire autant de copies que vous voulez, les distribuer à vos amis, à votre famille, tout en étant dans la plus stricte légalité ? Car ces programmes appartiennent à la catégorie dite des logiciels libres.
Les logiciels libres
Ces logiciels ont été développés par des individus, des entreprises, des collectivités locales ou des associations qui souhaitent partager le fruit de leurs efforts. Leur intérêt ? Lorsque d’autres programmeurs utilisent leurs logiciels et trouvent un problème, ces programmeurs ont le droit de le corriger et de partager la correction avec tout le monde. Lorsqu’un programmeur utilise un de ces logiciels et trouve qu’il lui manque une fonctionnalité, il a le droit de l’ajouter et de partager son amélioration avec le reste de la communauté. Un logiciel libre peut ainsi évoluer, se corriger et s’améliorer sans que ses auteurs initiaux aient à faire la totalité du travail.
Comparez cela avec les logiciels non-libres (aussi appelés logiciels propriétaires). Avez-vous déjà essayé de contacter Microsoft pour leur signaler un problème dans un de leurs programmes ? Si non, pourquoi ? Est-ce que ce n’est pas parce que vous savez que, de toute façon, ce mastodonte ne consacrera pas de temps à le corriger quoi qu’il arrive ?
Imaginez maintenant que vous trouvez un problème dans un logiciel libre. Déjà, il y a des chances que d’autres personnes tombent sur la même erreur ; si parmi eux il y a des programmeurs, ils ont la possibilité de corriger le programme et de partager leurs corrections. Les auteurs n’auront qu’à inclure ces modifications et à produire une nouvelle version qui les incorpore. Ces mêmes programmeurs, qui ont spontanément corrigé le problème, sont dans l’impossibilité de le faire dans le cas de logiciels propriétaires, car seul Microsoft dispose du code source des programmes, leur recette de fabrication en quelque sorte, indispensable pour modifier le produit et produire une nouvelle version.
Pour ces raisons notamment, les logiciels libres sont souvent au moins aussi utiles et agréables à utiliser que les logiciels propriétaires. De plus, ils garantissent la pérennité de vos données : en effet, les formats utilisés pour stocker vos informations sur votre disque dur sont des formats ouverts, connus de tous. Lorsque vous utilisez un logiciel propriétaire, le format des données est souvent considéré comme un secret industriel par l’entreprise qui vous vend le programme ; il est donc en général difficile, voire impossible, d’écrire des utilitaires qui accèdent à ces données lorsque vous ne disposez plus du programme d’origine. Avec les logiciels libres, ce problème n’existe pas. Dans six mois, dans un an, dans dix ans, dans trente ans, vous avez la garantie que vous pourrez encore accéder à vos données.
Mais comment faire ?
Vous n’êtes pas obligé de réinstaller tout de suite votre ordinateur pour pouvoir goûter aux logiciels libres. Commencez-donc étape par étape, outil par outil. Et ne vous inquiétez pas : aucun outil présenté dans cette section ne désinstallera quoi que ce soit de votre ordinateur tournant sous Microsoft Windows. Vous aurez le choix, utiliser votre ancien outil propriétaire ou votre nouvel outil libre.
La navigation WWW
La première étape consiste à installer Firefox, un navigateur libre qui vous permettra de surfer sur le web, avec des fonctionnalités bien supérieures à celles offertes par Microsoft Internet Explorer. Allez sur ce site et suivez les instructions pour l’installer. Il importera automatiquement vos favoris de Microsoft Internet Explorer et offre de nombreuses autres possibilités.
Le courrier électronique
La seconde étape consiste à remplacer Microsoft Outlook Express par Thunderbird, un logiciel de la même famille que Firefox, la suite d’outils Mozilla. Installez le à partir de ce site. Voila, vous avez maintenant les deux composants principaux pour pouvoir utiliser Internet avec des logiciels libres.
Ne manquez pas les fonctionnalités supplémentaires de Thunderbird : vous pouvez par exemple voir automatiquement les nouveautés des sites WWW ou des blogs (comme celui-ci) comme si vous receviez un message. Une fois que vous utilisez cette possibilité, plus besoin d’aller régulièrement voir sur une dizaine de sites que vous lisez s’il y a de nouveaux articles, Thunderbird vous préviendra automatiquement sans que vous fassiez quoi que ce soit.
L’édition de documents
Plutôt que de payer pour Microsoft Office, vous avez la possibilité d’utiliser la suite OpenOffice.org. Ce programme, qui sait lire et produire des formats propriétaires Microsoft (fichiers Microsoft Word, Microsoft Excel, Microsoft Powerpoint) ressemble énormément aux outils Microsoft Office. J’ai eu plusieurs témoignages dans mon entourage de personnes qui avaient travaillé sous OpenOffice.org sans s’apercevoir qu’ils n’étaient pas sous Microsoft Office.
La dernière étape : s’affranchir totalement de Microsoft
Vous êtes convaincu ? Vous vous êtes aperçu que vous pouviez utiliser votre ordinateur en n’utilisant que des logiciels applicatifs libres ? Si, pour une raison ou une autre, vous envisagez de réinstaller Microsoft Windows parce que, par exemple, votre ordinateur est devenu si lent que vous n’en pouvez plus d’attendre, profitez en pour jeter un coup d’œil à GNU/Linux. Ce système d’exploitation, souvent appelé Linux tout simplement par abus de langage, joue sur votre ordinateur le même rôle que Microsoft Windows. À une différence importante près : c’est lui aussi un logiciel libre. Vous n’avez pas besoin d’être informaticien pour utiliser GNU/Linux, de même que vous n’avez pas besoin d’être informaticien pour utiliser Microsoft Windows.
GNU/Linux existe sous plusieurs formes, aussi appelées distributions. Certaines sont dédiées aux informaticiens (Gentoo par exemple), d’autres sont destinées à un usage grand public, comme celle que je vous conseille, à savoir Ubuntu. Suivez les instructions pour récupérer et graver un CD-rom, et réinstallez votre ordinateur à partir de celui-ci. L’installation est au moins aussi simple que celle de Microsoft Windows.
Ubuntu est une distribution complète ; vous n’aurez pas besoin d’y installer Firefox, Thunderbird ou OpenOffice.org, ils sont déjà présents. Vous y trouverez aussi plein d’autres utilitaires, des logiciels de messagerie instantanée, des jeux, des accessoires, des programmes de dessin et de manipulation de photos numériques, etc.
Votre nouveau système est en place ? Amusez vous, et profitez de votre nouvelle liberté.
(merci à Nat Makarevitch pour sa relecture et ses suggestions)

October 27th, 2005 at 7:00
Excellente formulation (comme toujours :)) !
C’est pas souvent, surtout, qu’on peut lire une proposition de passage au libre respectueuse de la liberté fondamentale, qui est celle de choisir : trop de discours pro-libre condamnent agressivement et fanatiquement l’approche propriétaire, et semblent donc ne s’adresser qu’à ceux qui sont déjà partisans du libre, ce qui n’a évidemment aucun sens.
Bravo, et merci, Sam, pour cette approche claire et didactique.
Je pense que c’est l’URL de cette page que j’indiquerai dorénavant à tous ceux à qui je veux expliquer ce qu’est le libre sans en avoir le temps.
October 27th, 2005 at 8:46
Très bien, je te suggère juste, pour une fois, que tu changes les noms firefox et thunderbird, par les noms déposés par la fondation, à savoir mozilla-firefox et mozilla-thunderbird.
October 27th, 2005 at 11:29
Bruno : c’est malin, tu vas me faire rougir
jop : « La seconde étape consiste à remplacer Microsoft Outlook Express par Mozilla-Thunderbird, un logiciel de la même famille que Mozilla-Firefox, la suite d’outils Mozilla (Mozilla-Mozilla ?). » ? Illisible. Cet article s’adresse à des non-informaticiens. J’aurais même préféré que les logiciels s’appellent « Moziweb » et « Mozimail », cela aurait été plus mnémotechnique.
October 27th, 2005 at 13:29
Je trouve ton implication logiciel libre => format ouvert un peu simpliste, même pour un article de vulgarisation : OpenOffice sait plus ou moins gérer le format Word, cela ne fait pas du format Word un format ouvert pour autant. D’ailleurs il y a des degrés entre les fonctionnalités d’un format et celles du logiciel (d’où le « plus ou moins » qui précède).
De même l’implication fomat ouvert => pérennité est un peu rapide. Dans le cas du logiciel libre, on a certes une garantie de plus que dans le cas du logiciel propriétaire, apportée par la disponibilité du code source à l’instant t, mais en aucun cas une garantie absolue (c’est même marqué en toutes lettres dans les licences des logiciels libres). Dans l’absolu, rien ne garantit que dans 100 ans, les codes sources seront encore disponibles (changement de loi ?), ni accessibles (changement de support ? Le format physique des CD est parfaitement ouvert, mais que se passe-t-il si on ne trouve pas de lecteur et qu’on ne sait plus en fabriquer ?), ni même exploitables (un logiciel n’existe pas dans le vide et nécessite un environnement, qui peut lui aussi disparaître).
Je comprends la nécessité de simplifier dans un article didactique comme celui-ci, mais je pense inutile de survendre le logiciel libre en employant des termes absolus et exagérés comme « garantie ». Cela ne peut faire que des déçus.
October 27th, 2005 at 13:47
Pierre : je m’attendais à ces remarques et je ne les ai volontairement pas traitées ici. Voici des débuts de réponses concernant ce que j’en pense.
Les formats utilisés par les logiciels libres sont ouverts. Quand OpenOffice.org écrit un fichier au format Microsoft Word, on peut, en regardant le source d’OpenOffice.org, comprendre comment il a été généré. Donc non, ça ne fait pas du format Microsoft Word un format ouvert, mais ça fait du format Microsoft Word écrit par OpenOffice.org un format ouvert, ce qui n’est pas la même chose.
Concernant le support physique, le problème est le même pour les logiciels libres et les logiciels propriétaires. Il faut bien entendu que ceux qui sauvent leurs données s’assurent de pouvoir les relire physiquement, quitte à changer de support au cours du temps. Par contre, concernant les environnements qui peuvent disparaître, je ne suis pas du tout d’accord. Par exemple, les jeux de caractères utilisés sont formellement décrits ; on sait qu’en ASCII, iso-latinX et Unicode le caractère 65 correspond à un A majuscule. Même si le codage change, on pourra toujours reconstituer le code source. Les langages utilisés sont aussi décrits, on sait ce que fait chaque construction du langage. Donc en théorie, il suffit de sauver le code source, même si on ne peut pas le reconstruire, on aura tout ce qu’il faut pour le comprendre.
Concernant le changement de loi, c’est vrai, peut-être que la loi interdira de relire les logiciels libres dont on a pû sauvegarder le code source. Mais on peut aller plus loin et supposer que la loi interdira d’utiliser un ordinateur, ou de disposer de ses propres moyens de stockage, etc. Et dans ce cas, le problème est un problème propre à la société, pas à la licence utilisée.
October 27th, 2005 at 18:06
Pour ce que j’en sais (je ne suis pas juriste, je ne suis que vengeur masqué à temps partiel… ;)), la loi ne peut condamner aujourd’hui ce qui était licite hier. Donc je ne crois pas (mais je peux me tromper !) qu’un code source qui a été distribué sous licence libre hier puisse devenir propriétaire aujourd’hui, même si on décidait (souhaitons que ce pire n’arrive pas !) que les codes sources qui sont créés à partir d’aujourd’hui devraient tous être proprétaires.
Libre un jour, libre toujours, pourrait-on résumer…
Mais bon, c’est à vérifier. En tout cas, ce que dit l’article 11.2 de la déclaration des droits de l’homme, c’est que “nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international”.
J’en profite d’ailleurs (là ce n’est plus le vengeur masqué qui parle, c’est évidemment l’avocat du diable ;)) pour rappeler que la même déclaration dit, dans son article 27.2, que “chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l’auteur”. Il va de soi que ça n’oblige personne à ne distribuer ses oeuvres QUE sous licence propriétaire, mais que contrairement à ce que certains abolitionnistes voudraient prôner, quand ils exigent qu’il soit mis fin à toute forme de propriété intellectuelle, le choix du libre doit rester… libre. Ne serait-ce que parce que le droit de revendiquer une propriété intellectuelle est garanti par un texte fondateur et constitue donc, pour le coup, une liberté fondamentale. C’est bien pour ça que je trouve le texte de Sam aussi remarquable, c’est qu’il parvient à convaincre de la pertience du libre tout en respectant la liberté de choisir la voie de la propriété intellectuelle.
October 27th, 2005 at 20:07
Libérez-moi !!
A la maison, l’ordinateur dont se sert Julie pour surfer et lire son mail est sous Windows. Pourtant, je crois pouvoir dire être un des premiers à avoir utilisé Linux en France (justement par l’intermédiaire de Nat qui a aidé à écrire l’article,…
October 28th, 2005 at 2:02
[…] Dans la série un texte qui réveille les foules d’utilisateurs de Windows, Samuel Tardieu vous convainc de vous libérer. Le peer-to-peer (pair à pair) démystifié et dédiabolisé grâce à un merveilleux dessin animé fait à l’INRIA (merci à Fabrice Le Fessant). Dans la série je pense donc je me fais du bien, un texte de Michel Volle sur la torture. Dans la série ça vaut le coup de comprendre pour ne pas me faire avoir, Thierry Stoehr nous parle d’interopérabilité et des politiques nationales d’établissement de normes ouvertes - permettant à nos machines d’être interopérables, de suite bureautique gérant des droits numériques… et dans la série “préhistoire”, ce que disait Tristan Nitot lorsqu’il était encore sous Windows au sujet du SP2 et de Windows Media Player et quand il nous parle de spyware. Dans la série lyrisme geek, Dominique Quatravaux chante la complainte du créateur libre. […]
October 29th, 2005 at 3:29
Bruno et Samuel : par « changement de loi » je résumais les obstacles potentiels au logiciel libre : durcissement de la législation sur la propriété intellectuelle, en particulier. Cf les abus liés au brevet logiciel (et les tentatives pour établir celui-ci en Europe), mais également le DMCA (qui rend illégal l’étude des systèmes de protection de contenu), le rognage progressif de la notion de « fair use » (dans quelques années, nous ne pourrons peut-être plus enregistrer une émission de télévision sans payer des droits), les tentatives de mise en place de DRM par Microsoft et consorts sous couvert de « sécurité », etc.
L’exemple du DRM Microsoft (qui techniquement permet le verrouillage complet des logiciels utilisables ou non, au seul choix de Microsoft et de l’auteur d’un contenu numérique) montre que les intérêts défendus par les lobbys d’ayants-droits ont toutes les chances d’entrer à relativement court terme en collision frontale avec la possibilité d’utiliser du logiciel libre, par exemple pour lire une vidéo. Si l’on considère le système de protection des DVD (CSS), c’est même déjà arrivé, bien que le système ait été cassé.
Il y a donc quelques raisons d’être inquiet.
October 31st, 2005 at 11:18
Pierre : certes… et c’est très inquiétant.
Mon objectif, quand je me réfère au droit fondamental à la propriété intellectuelle, n’est évidemment pas de prendre la défense de ce qui s’oppose aux objectifs du Libre, car je crois à la cohabitation des deux principes, je crois même cette cohabitation très bénéfique.
L’ennui, c’est que s’il n’y a pas une prise de conscience bilatérale de la légitimité des deux approches (que les tenants de l’un reconnaissent la légitimité de l’autre), on va forcément aller vers des dérives extrêmistes. Le “fair use” ça a toujours été une bonne idée, même si ça semble loufoque d’inscrire dans la loi que la loi doit accorder une certaine souplesse au citoyen (la loi doit rester humaine, mais c’est une évidence puisqu’elle est écrite et appliquée par des humains. Le durcissement de la loi signifie-t-il qu’on la prépare, par étapes, pour devenir une sorte de code source qui sera à terme applicable par des ordinateurs ? Ce serait le cauchemar ultime de l’humanité…). Il est vrai que la loi est (ou plus exactement devrait être) notamment là pour dire l’évidence à ceux à qui tout sens moral ou civique échappe.
Comme l’expliquait fort bien Roberto di Cosmo (c’est en tout cas lui qui me l’a expliqué) en plus d’un problème politique, la mise en place d’un contrôle abusif de la diffusion de contenu poserait un problème plus grave encore que la condamnation du logiciel libre : la généralisation du “pay per view” pourrait imposer une limitation de la durée de vie de tout contenu culturel, l’empêchant ainsi d’apartenir, en fin de vie commerciale, au domaine public, au patrimoine culturel commun. Or c’est la base même de toute civilisation. Laisser Kro$oft et les autres instaurer -aux seules fins, évidemment, de faire du fric à court terme- une telle marchandisation de la culture mènerait à l’extinction de cette culture, et donc à une stérilisation de la civilisation.
Peut-on empêcher cela sans tomber dans l’abolitionnisme que j’évoquais plus haut ?
Il faut espérer que oui, car je ne pense pas qu’une libération “forcée” de toute création culturelle aboutirait à autre chose qu’à une stérilisation de la culture, encore une fois (ou en tout cas en réserverait la production à ceux qui peuvent se permettre de ne pas en vivre, ce qui ne me semble pas une bonne solution, s’agissant d’oeuvres qui nécessitent un travail à temps plein).
En gros, à mon humble avis, les extrêmes aboutiraient à la même solution mortelle, alors que la modération, et la recherche même oscillante d’un équilibre (tout comme en biologie, puisqu’on sait que l’apparition et la préservation de la vie ne se satisfait non plus d’aucun extrême) semble la seule voie raisonnable pour l’intérêt commun.
November 1st, 2005 at 12:12
[…] Il faut dire, comment résister à Ubuntu Breezy quand on lit le billet de Ploum sur la question. Et lui aussi, comme Samuel, quelle force de conviction et comme il décrit habilement la liberté comme une bonne habitude ! […]
November 3rd, 2005 at 8:25
En tant qu’adolescent, je pose cette question: est-ce que les jeux prévus pour, à la base, fonctionner sous windows fonctionneront aussi sur linux?
November 3rd, 2005 at 10:19
Damien : pas tous, mais beaucoup. Il existe un logiciel, appelé Wine, qui permet d’utiliser beaucoup d’applications Microsoft Windows sur un système GNU/Linux. Cette page liste les applications enregistrées comme fonctionnant avec Wine.
November 6th, 2005 at 18:16
Samuel : Bruno a raison quand il dit que la pérennisation du format n’est assurée qu’à l’instant “t” de leur utilisation par le logiciel “Free & Open Source Sofware” (FOSS), dans la mesure ou le logiciel peut devenir propriétaire dans le temps suivant les orientations choisies par son auteur. Ceci étant précisé, les données enregistrées lors de son statut de FOSS ne peuvent effectivement plus être par la suite emprisonnées, et en cela un logiciel FOSS garanti effectivement la pérennité des données qu’il enregistre.
Mais si faire la démarche de l’opensource est souhaitable et de plus en plus facile pour l’utilisateur, il n’est pas anodin pour l’auteur ou l’éditeur de logiciel de la choisir, surtout si sa survie économique en dépend.
Alors j’aimerais soumettre à votre réflexion une idée dont j’avais déjà parlé il y a quelques temps, et que j’ai depuis retravaillée suivant quelques petits débats entre amis : laisser les auteurs et éditeurs choisir leurs stratégies de diffusion et de licence, mais par contre exiger le respect d’un format ouvert et public (non obligatoirement standard). J’explique ceci plus en détails ici : http://www.openmeans.org et je suis ouvert à toute question.
Pour résumer : les moyens simples et rapides donnés aux éditeurs traditionnels de faire un pas vers l’ouverture et le respect des libertés de leurs utilisateurs sans les obliger à radicalement changer leurs stratégies économiques.
Je suis intimement persuadé (au vu de nos expériences avec OpenOffice.org notamment, mais aussi avec celles de Mozilla-Firefox-Thunderbird) que cette approche ouverte et souple permettra aux idées qui nous sont chères (y compris celle de la liberté de choix) de s’imposer dans le temps, exactement comme certaines démocraties se sont imposées sans toujours se sentir obligées de faire des révolutions sanglantes.
November 7th, 2005 at 6:07
Guy : sauf qu’à la différence d’un logiciel propriétaire, les fichiers source d’un logiciel libre peuvent justement être sauvegardés avec les données si besoin est, pérénisant ainsi le format…
November 7th, 2005 at 9:53
Samuel : c’est bien ce que je dis dans la deuxième partie du premier §
Mais pour l’utilisateur lambda cette notion de codes sources des programmes est rattachée à la notion de programmation, ce qui ne l’implique que très peu, et rarement. Disons que ça ne rentre pas dans sa sphère de compétence. Par contre lui parler de ses propres données est plus direct, et lui proposer un moyen de les défendre sans rentrer dans de longues et [trop] lourdes explications difficiles est àmha l’angle qui manque encore actuellement. D’où cette idée de l’OpenMeans, qui mérite vraiment que tout le monde s’y penche. Au besoin on peut même démontrer que ce n’est pas nuisible à la notion de la généralisation des standards, et qu’au contraire ça ne peut qu’aider à leur implantations.
nb: je ne tiens pas forcément au nom “OpenMeans” ni à m’en occuper personnellement. En d’autres termes c’est actuellement protégé sur mes deniers pour éviter l’utilisation du terme par une société malveillante et la garantir au public (il est difficile maintenant de créer une ‘marque’ avec un terme libre) mais je suis tout-à-fait prêt à offrir la marque à une fondation et à laisser la place à des gens sérieux qui comprendraient la portée du concept et décideraient d’y travailler.
November 23rd, 2005 at 8:03
Comment configurer une Livebox sous Ubuntu ?
Merci
June 21st, 2006 at 23:15
[…] Savez-vous que tout cela… la suite […]