La soumission librement consentie

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Savez-vous que si vous demandez à un inconnu dans la rue 50 centimes pour téléphoner, vous avez 8% de chance de les obtenir ? Savez-vous que vous pouvez faire passer ce taux de réussite à 40% en lui demandant l’heure avant ?

Ces résultats, qui sont décrits dans le « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » de Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, s’expliquent par l’escalade d’engagement : ayant accepté une première requête qui ne coûtait rien, refuser une seconde requête paraîtrait illogique même si elle est plus onéreuse. Ayant accepté de donner l’heure, on accepte ensuite plus facilement de donner un peu d’argent.

C’est la même technique qu’utilisent, dans la rue, ceux qui vous font signer une pétition pour ensuite vous demander de l’argent pour soutenir la cause défendue. Personne n’a envie de s’entendre dire « Mais vous venez de signer une pétition disant que c’était important, et maintenant vous refusez de donner quelques euros pour soutenir cette cause ? ».

C’est également ce que je ressens lorsque je vois, juste avant les élections professionnelles, deux syndicats ayant dû créer une liste commune étant donné leurs faibles effectifs demander au personnel de signer une pétition avec laquelle on ne peut qu’être d’accord. Comptent-ils sur le fait qu’ayant signé la pétition portant leurs logos les personnes se sentiront obligées de voter pour eux sous peine de dissonance cognitive ?

La ficelle est un peu grosse messieurs-dames, cela va se voir.

Même si cela va sans dire, cela va mieux en le disant : je n’exprime ici que mon opinion personnelle, et pas celle de mon employeur ou celle d’un syndicat.

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