Tunisie, suite

February 28th, 2005 by Samuel Tardieu

Mon voyage en Tunisie s’est poursuivi par la série de cours que je devais donner en Mastère et par plusieurs réunions concernant les programmes de SUP’COM. Tout cela s’est fort bien passé et fera l’objet d’un rapport de coopération qui n’a pas sa place dans mon blog.

Suite de la visite

Même si je suis resté à moins de 100km de Tunis (je rappelle que je n’étais pas en vacances), j’ai pu visiter des endroits charmants et passionnants. Tout d’abord, Zaghouan.

Ali, qui m’avait déjà accompagné dans le souk et avec qui nous avions passé l’après-midi, m’a invité vendredi soir dans sa famille pour une grande fête. Nous avons pris un louage (voir ci-dessous) jusqu’à Zaghouan, la ville des eaux, en bordure de montagne, où habite sa famille. L’eau de source de Zaghouan est tellement réputée que les romains ont construit un acqueduc pour acheminer l’eau depuis le «Temple des eaux» jusqu’à la capitale. Il reste de nombreuses traces de cet ouvrage tout au long des 60 kilomètres de route. La ville de Zaghouan est charmante, avec une vieille ville traditionnelle et des constructions plus récentes qui montrent visiblement l’expansion continue de la ville, coincée sur un côté par la montagne.

La soirée dans cette famille tunisienne fut un pur moment de bonheur. Je ne la détaillerai pas ici car c’est une expérience trop personnelle et trop intime, mais je conseille à tout ceux qui ont des amis tunisiens de participer à une fête de famille. Et n’ayez pas peur de prendre 3kg dans la soirée, vous les prendrez de toute façon!

Le samedi après-midi, après que je sois rentré de Zaghouan, Khaled, un thésard de SUP’COM, est venu me chercher pour m’emmener visiter les alentours de Tunis. La cathédrale Saint-Louis et les ruines de Carthage permettent de ressentir le poids de l’histoire de ce pays dont le sang des habitants est un mélange de sangs romain, carthaginois, français, italien, turc, phénicien, arabe, et bien d’autres.

La Marsa est une ville de bord de mer dans laquelle il doit faire bon vivre. Les villas, les petites maisons et même les immeubles donnent une impression de léger luxe qui semble reposante tout en restant dynamique, face à la plage.

Sidibou Saïd pour sa part, à quelques kilomètres de La Marsa, a l’air d’avoir été construite pour illustrer l’adjectif «tranquille». Ses célèbres maisons blanches aux volets bleus bordant les rues pietonnes pavées apportent une image reposante de la Tunisie. Le thé aux pignons du «Café des Nattes» mérite sa réputation. Depuis le café «Sidi Chebaane», on voit le palais du baron d’Erlanger, qui surplombe la falaise, et les escaliers qui permettent de descendre jusqu’au port. Tout simplement splendide.

Je suis reparti de Tunis (de justesse, ayant rejoint l’avion à peine 4 minutes avant l’heure du départ) en ayant l’impression d’avoir tout juste terminé de voir ce qu’il fallait absolument y découvrir (au dire des Tunisiens). Cela m’a donné envie de revenir pour visiter d’autres parties de la Tunisie, en commençant par le désert dont j’ai plusieurs fois entendu parler lors de mon séjour.

Les transports autour du Tunis

J’ai eu l’occasion d’utiliser un certain nombre de moyens de transport différents. Le premier était la voiture particulière. Les voitures sont chères en Tunisie, plus qu’en Europe lorsqu’on passe par les concessionaires officiels. Toutefois, chaque personne en Tunisie peut bénéficier d’une aide gouvernementale sur certaines voitures de faible puissance (comme la Clio). Ces voitures sont proposées à un prix de 12000DT (7800€), mais ne peuvent pas être revendues sous peine de payer de lourdes taxes correspondant à l’économie faite
initialement.

Les taxis, jaunes, sont équipés d’un compteur qui fonctionne selon le même principe qu’à Paris (prise en charge initiale, temps et distance de la course). Toutefois, il ne semble pas y avoir de prix minimum (à comparer aux 5,10€ parisiens).

Tunis dispose également d’un métro (qui est en fait un tramway, aussi bondé aux heures de pointe que le métro parisien) et d’un train (qui est réellement un train mais que les locaux considèrent comme un tramway parce qu’il ressemble à un autorail plus qu’à un gros train). Le métro permet de se déplacer aux alentours de Tunis, le train TGM (Tunis-Goulette-Marsa) va jusqu’à la charmante petite ville de La Marsa.

Mais le moyen de transport qui m’a le plus surpris est le louage. Le principe est simple: des camionnettes confortables pouvant embarquer 8 personnes plus le chauffeur font l’aller-retour entre les villes principales de deux gouvernorats. Le prix est de quelques dinars, la vitesse rapide et le départ quasi-immédiat.

Lorsqu’Ali et moi avons rejoint sa famille à Zaghouan, à une soixantaine de kilomètres de Tunis, nous avons utilisé un louage. Nous avons attendu moins d’une minute que la camionnette soit complète, et 45 minutes plus tard, nous étions arrivés. Le lendemain, pour revenir à Tunis, j’ai pris un nouveau louage dont j’étais le premier occupant. Il a fallu trois minutes pour que celui-ci soit complet, et encore une fois, 45 minutes plus tard j’étais à Tunis. Le prix du voyage était de moins de 3DT (moins de 2€).

Ce moyen de transport, le plus utilisé en Tunisie entre les gouvernorats, possède plusieurs avantages importants:

  • il revient moins cher et pollue moins que des voitures individuelles;
  • il est beaucoup plus souple et plus rapide qu’un bus;
  • il est aussi rapide que le train (qui n’existe pas pour beaucoup de trajets) si on prend en compte le temps d’attente et les horaires fixes du transport de voyageurs par rail.

La prochaine fois que je reviendrai en Tunisie, je n’hésiterai pas à me promener d’un gouvernorat à un autre en usant et abusant du louage!

Le moins drôle: je le gardais pour la fin, mais j’ai oublié mon appareil photo en partant de Paris. Et j’ai pourtant pensé à tous les câbles, au chargeur, mais pas à l’appareil. J’ai dû acheter un petit appareil argentique jetable; je ne sais pas ce que donneront ces 27 photos une fois développées. Avec le numérique, on perd l’habitude de devoir se restreindre sur les images.

8 Responses to “Tunisie, suite”

  1. Thomas Says:

    Le louage, ça ressemble aux pickups qui font office de taxi collectif en Thaïlande, non ?

  2. Samuel Tardieu Says:

    Oui. Si je me souviens bien, il y a en Thaïlande au moins deux sortes de taxis collectifs:

    ceux qui suivent un trajet fixe, notamment à Bangkok, qu’on peut arrêter en route, mais qui ne font que des trajets à l’intérieur de la ville
    ceux dans lesquels on monte et à qui on dit où on veut aller, et qui cherchent le meilleur trajet pour déposer tous les passagers là où ils le souhaitent (j’en ai vu à Chang Mai)

    Là, ce sont des trajets de longue distance (il y a aussi des louages de courte distance aussi, avec des bandes jaunes sur les voitures au lieu de bandes rouges), donc comme ceux de Bangkok mais sur des distances plus grandes.

  3. Nawfel Says:

    je suis étudient en Architecture,je travail sur les stations de loisir et d’animation culturelle en montagne ,que dite vous d’un tel programme à Zaghouan, avec un téléphérique, pour des vue panoramique du site, j’attend ton commentaire :-)

  4. Houssein Says:

    Oui, les louages sont très pratiques. Le hic c’est que Le conducteur, généralement propriétaire a intérêt de maximise ses gains en effectuant le plus de tajets possibles : donc plus vite et le plus d’allers retours possibles en une journée. Résultat : les louages sont souvent la cause d’accidents mortels dus aux excès de vitesse et à la fatigue des conducteurs. (paroles d’un tunisien).

  5. ZyeD Says:

    il m’est plaisant de voir l’emerveillement d’un etranger devant les choses qui font mon quotidien que j’ai eu plaisir a redecouvrire selon ton point de vue.

  6. Tounsi ( EtudaintParis ) Says:

    @ Houssein : si t’es vraiment un tunisien tu l@ance pas un com pareille c’est une exception je parie que t’es un Wech Wech fils d’immigrés et que tu connais rien de la Tunisie Merde arretez avec vos FouThèse “faux these” lool vous n faite que donner une mauvaise image des tunisiens surtout à Paris ( stp reste chez toi pendant l’ete )

  7. tunisien francais Says:

    d’ailleurs lorsque vous voulez partir d’une ville a l’autre et que votre louage n’a pas trouvé tous les passagers pour partir il suffit de lui payer les places vides (jusqu’a 8 passagers pour les plus grandes voitures) et il part aussitot
    ils sont blancs a bandes jaunes, rouges, et bleues pour les différentes distances (les rouges peuvent circuler dans tous les pays, les bleus dans une wilaya, c’est a dire l’équivalent d’un département, et les jaunes c’est encore plus restrictif il me semble) mais a la station louage, on dit ou on veut aller et on nous oriente vers la bonne voiture

    par ailleurs il y aussi les taxis urbains même système qu’a paris qui eux sont jaunes

    pour le train n’y comptez pas il est quasi inexistan

    il y a le bus aussi mais comme dit dans l’article, l’inconvénient par rapport au louage c’est les horaires fixes

  8. Nicolas Marchildon Says:

    Je vous invite à contribuer à cette page: http://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_collectif

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